Disclaimer : Ce post ne constitue pas un conseil d’investissement, un conseil juridique, fiscal ou de toute autre nature et ne doit inspirer quelque investissement ou décision que ce soit. Toutes les données proviennent de OnChain.fx (le 24/07/18 à 10H30).

Depuis quelques années, l’écosystème des cryptoactifs est en ébullition. De nombreux projets voient le jour, et il n’est pas toujours évident de faire le tri lorsque l’on désire investir. Cette effervescence, légitimée par l’aspect innovant de ces nouvelles technologies (blockchain, tangle, ERC, Smart-contracts, etc), peut facilement prêter à confusion dans l’esprit des néophytes.

Chez Coinhouse, nous pensons que beaucoup de ces nouveaux cryptoactifs ne pourront pas survivre sur le long terme, soit parce que leur technologie ne nous semble pas suffisamment novatrice, soit parce que le besoin auquel ils tentent de répondre est déjà traité efficacement par d’autres cryptoactifs.

Nous vous proposons aujourd’hui un panorama rapide des cryptoactifs qui se démarquent sur ces conditions:

 

Créé en 2009 par Satoshi Nakamoto, le bitcoin est basé sur un protocole logiciel libre accessible à tous. La première transaction entre Fiat et Bitcoin remonte à 2010. L’objectif principal du protocole Bitcoin est d’être en mesure de générer des paiements en pair à pair sans nécessiter l’intervention d’un tiers de confiance externe (comme une institution financière).

Il s’agit d’une réserve de valeur incontournable dans le secteur. Le protocole bitcoin est également celui qui bénéficie de la plus grande communauté de développeurs, de la plus importante capitalisation, et qui dispose de la plus grande exposition dans les médias et les publications universitaires. De par sa longévité dans le milieu, il s’agit de la technologie sur laquelle la communauté dispose du plus de recul. Il était donc impossible de ne pas l’inclure dans notre liste des actifs à surveiller.

Litecoin est une copie de Bitcoin à laquelle quelques modifications ont été apportées, telles l’utilisation d’un protocole de minage différent, des frais de transactions réduits, et un rythme de création de blocs plus rapide, avec un block-time de 2,5 minutes au lieu de 10 minutes sur Bitcoin. Scrypt est la technologie choisie pour le minage, car on pensait à l’époque qu’on ne pourrait pas créer d’ASICs Scrypt, ce qui aurait garanti que le minage reste décentralisé, et non pas concentré dans les fermes de minage. Malheureusement, les premiers ASICs Scrypt font leur apparition dès 2014.

Le Litecoin est fiable et stable depuis 2011. L’équipe suit le projet activement et l’aide à évoluer en fonction des difficultés techniques rencontrées. L’équipe adapte également Litecoin aux évolutions techniques de Bitcoin (Segwit & Lightning Network). Le Litecoin est la septième cryptomonnaie en terme de valorisation, et de par ses qualités techniques et son aspect décentralisé, nous la conservons dans notre short list à surveiller.

Ethereum est un protocole d’échanges décentralisés qui offre à ses utilisateurs la possibilité  de créer des smart-contracts. Ces contrats intelligents permettent d’échanger de l’argent, de la propriété, des actions ou tout autre valeur de manière transparente sans nécessiter l’intervention d’un tiers de confiance, sous la forme d’un programme informatique recensant les règles d’un accord entre plusieurs parties, enregistré dans une blockchain, et qui contrôle directement les actifs numériques liés au contrat.

Le whitepaper du projet Ethereum est publié en décembre 2013 par Vitalik Buterin. Début 2014, les premiers ethers sont proposés lors d’une prévente. La blockchain Ethereum est lancée le 30 juillet 2015.

Le smart-contract contient un ensemble très précis de conditions d’exécution, permettant d’éviter la confusion et les litiges entre les parties. Ces contrats se financent à l’ouverture et à chaque utilisation, via la crypto-monnaie liée à la blockchain Ethereum : l’ether.

Ethereum est plus qu’un simple protocole. Ambitieux, permissif et modulable, il ouvre la porte à tout un nouvel écosystème qui lui est propre (ERC, ICO, Smart-Contracts). L’équipe est solide, et de nombreuses mises à jour sont attendues. De même que le Bitcoin, Ethereum est absolument incontournable et restera un des principaux actifs de l’écosystème à surveiller. De près.


TrueUSD est le premier token créé par TrustToken, entreprise fondée en 2017 qui propose une plateforme permettant la génération de tokens indexés sur des assets (dollar, or, etc). Il s’agit d’un produit basé sur la technologie ERC-20, fonctionnant sur la blockchain Ethereum, et dont la valeur est indexée sur une monnaie fiduciaire, en l’occurrence le dollar. Le cours suit la logique 1 TUSD = 1USD, quelles que soient les variations de l’USD.

Il s’agit d’un outil de hedging très apprécié des investisseurs et des traders. En effet, le marché attend depuis longtemps l’émergence d’un stable coin permettant notamment le paiement de smart contracts sans avoir à prendre le risque de la fluctuation du sous-jacent.

TrueUSD est le second stable coin. Si nous avons choisi de le mettre en avant plutôt que le Tether, qui est actuellement le premier stable coin en terme de capitalisation et de volume, c’est parce que TrustToken a une forte volonté de transparence et fournit des audits réguliers de leurs réserves en USD, contrairement à Tether. La confiance qu’on peut avoir dans un stable coin dépend directement de l’évaluation des réserves correspondantes.

MakerDAO est également un projet permettant la création et la gestion d’un stable coin, le DAI, lancé fin 2017. La valeur des DAI est garantie non pas par des réserves en monnaie fiduciaire, mais par des mises sous séquestre d’Ethereum et autres cryptomonnaies lors de la création de chaque token DAI à l’intérieur d’un smart contract, qui ne peuvent être libérées que lors de la vente des DAI correspondants.

Le projet MakerDAO a débuté en 2015. En plus du token DAI, un token MKR dont la valeur fluctue en fonction de l’offre et de la demande et a un rôle proche d’une action, puisqu’il permet à ses détenteurs d’avoir une influence sur les mécanismes de stabilisation monétaire du DAI, et qu’ils perçoivent une « gouvernance fee » lorsque les tokens DAI sont utilisés (0,5% par an). MKR est un jeton utilitaire, un jeton de gouvernance et une ressource de recapitalisation du système Maker.

L’équipe dispose d’un très fort niveau technique, ainsi que de très bonnes connaissances des mécanismes financiers et des intérêts économiques. Le projet est en production depuis un an, et s’est montré résistant aux fortes fluctuations rencontrées sur ETH. Nous avons décidé de mettre ce projet en avant pour plusieurs raisons: l’utilisation de smart contracts pour gérer la sécurité du collatéral de chaque création de stable coin nous semble une excellente idée, l’aspect décentralisé et proche d’une action de chaque token MKR offre une valeur intéressante. 

La technologie OmiseGO cherche à décentraliser en intégralité les flux financiers, ainsi qu’à offrir un accès généralisé aux outils financiers traditionnels. Cette technologie s’adresse à tous les individus, bancarisés ou non. Le token OMG (ERC-20) permet de valider les transactions dans la blockchain correspondante. Le protocole OmiseGO utilise un algorithme PoS (Proof of Stake), beaucoup moins consommateur en électricité que le Bitcoin ou l’Ethereum par exemple.

La start-up OmiseGO a été lancée en juillet 2017 via une ICO par les fondateurs de la société de paiement Omise (Thaïlande – 2013). OmiseGO regroupe de nombreux advisors reconnus dans le milieu, comme Vitalik Buterin et Gavin Wood (fondateurs du protocole Ethereum), ou Joseph Poon (fondateur du Ligthning Network).

Ils proposent une solution pour les entreprises souhaitant créer un portefeuille fonctionnant sur le protocole OmiseGO. La prochaine étape de développement concerne la liaison entre ces portefeuilles et l’exchange décentralisé OmiseGO.

L’équipe d’OmiseGO est qualifiée, et travaille sur la thématique des paiements depuis 2013. Le projet est ambitieux, et dispose d’advisors notables dans le milieu. Il s’agit également du projet le plus avancé sur le protocole Plasma. Une technologie avancée, des conseillers ayant une très bonne réputation, des partenariats de plus en plus nombreux avec des entreprises sont les raisons pour lesquelles nous avons inclu OmiseGO dans notre liste.

Décentraland est un projet en rapport avec les jeux vidéo. L’entreprise, créée en juin 2015, lance sur le marché un token, le MANA, en août 2017, qui sert à acheter et vendre des parcelles de la carte d’un jeu vidéo. Actuellement en 2D, les développeurs visent l’intégration de la 3D et misent sur la VR pour obtenir un jeu de type « second life » où les biens et services pourront être échangés contre du MANA.

Dapp avec un succès en terme d’utilisateurs, de valorisation du Token (le cours actuel est plus de 5 fois le cours de l’ICO) et de développement. Un projet en émergence mais ambitieux. Nous pensons que l’univers du jeu vidéo, qui est habituellement très technophile, pourrait adopter assez rapidement les cryptomonnaies, et le projet Decentraland nous semble bien adapté au besoin exprimé.

Le réseau Golem permet d’accéder à un supercalculateur, composé de la puissance de calcul mise à disposition par les utilisateurs (via leurs PC individuels, jusqu’au data centers). Golem est en charge de la mise en relation entre les fournisseurs et les demandeurs de ressources. Les consommateurs rémunèrent les producteurs qui mettent à disposition leur puissance de calcul par le biais du token Golem.

Golem permet de réaliser une large variété de tâches en utilisant ce supercalculateur, de la génération du rendu d’effets spéciaux via le machine learning à la réalisation de calculs scientifiques.

Le projet débute en août 2016, par la publication de Brass, la version alpha de Golem. En Novembre 2016, l’entreprise propose une prévente lors d’une ICO .

L’équipe de Golem est reconnue et compétente, avec un projet ambitieux. Ils disposent d’une implémentation qui fonctionne, active depuis Avril 2018, permettant à chacun de gagner des GNT tokens avec son ordinateur en mettant à profit ses capacités non-exploitées.

L’utilisation de capacités de calcul distribuées existe depuis le projet SETI@Home, Golem y ajoute un système de rémunération particulièrement intéressant. A l’époque où beaucoup de tokens utilitaires sont plus ou moins inutiles, nous pensons que celui-ci peut avoir un potentiel intéressant.

 

La place de marché Augur propose à ses utilisateurs d’ouvrir des marchés de prédiction basés sur des évènements réels et datés (ie: résultat d’un match de foot ou d’une élection), sur lesquels il est possible de miser sur l’une des issues via l’échange de parts en ethers. Suite à la clôture de l’évènement, les possesseurs de REP seront en mesure de confirmer l’issue de l’évènement via un mécanisme de Preuve de Travail.

Le projet Augur a débuté en 2014. En Avril 2015, le premier smart-contract d’Augur est publié sur le réseau Ethereum. L’ICO est lancée en Août 2015. En Mars 2016, la première version bêta sort, et les tokens vendus lors de l’ICO sont distribués en Octobre 2016.

Augur est une des toutes premières ICO d’Ethereum, disposant d’une équipe au niveau technique reconnu, très ambitieuse, et ses applications sont possibles notamment dans le domaine de l’assurance en font un projet à suivre de près. Le domaine des marché des prédiction est en pleine expansion, ce qui augmente l’intérêt qu’on peut avoir pour ce token.

 

Stellar a été fondé en 2014 par Jeb McCaleb, le fondateur de Mt-Gox et co-fondateur de Ripple. Le développement est supporté par une fondation à but non lucratif (Stellar Development Foundation).

Stellar souhaite concurrencer, voire remplacer, le système interbancaire SWIFT actuellement utilisé. Les transactions sur le réseau Stellar sont quasiment instantanées et les frais sont faibles. On peut s’y échanger l’actif natif XLM, mais aussi tout types d’actifs sous forme d’IOU. C’est ici que se trouve la proposition de valeur pour les institutions financières. Il est important de comprendre que l’utilisateur n’a en aucun cas à détenir une quantité équivalente en XLM pour envoyer un IOU sur le réseau.

Stellar se démarque de Ripple par une approche technique différente et une distribution moins concentrée des unités de monnaie. Cette technologie, de par ses objectifs, donne un pouvoir plus important aux noeuds validateurs et aux market makers, qui peuvent par exemple geler les comptes utilisateurs. En revanche, tout le monde peut devenir un noeud validateur, contrairement à ce qui se fait chez Ripple.  

Aussi ambitieuse que Ripple, le projet de Stellar nous semble plus digne de confiance, mieux distribué et plus vertueux que son concurrent direct. L’extrême ambition de Stellar en font un projet à haut risque mais haut potentiel, à considérer avec prudence.

Conclusion

Ces projets sont, à notre sens, ceux qui se démarquent actuellement par leurs propriétés techniques, par leur aspect novateur, et par les performances qu’ils pourraient offrir pour un portefeuille de cryptoactifs dans une optique de diversification. Ils correspondent à ce que nous pensons que tout investisseur avisé devrait connaître et suivre afin d’avoir une optique globale du marché actuel.

Retrouvez la deuxième partie de notre recherche sur les cryptoactifs qui se démarquent selon notre méthodologie dans cet article : Les cryptoactifs qui se démarquent selon Coinhouse (2/2)

 

 

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